 'Jaune Desprez'
Lorsqu’en 1966, j’ai retrouvé La Bonne Maison, jardin de ma petite enfance, un grand verger, un potager conséquent à l’Est, une cour gravillonnée au Nord, une prairie-pelouse et quelques grands arbres d’ornement et fruitiers au Sud, occupaient l’essentiel du petit hectare entièrement clos de murs. L’exposition Sud-est sur une colline dominant la Saône et le Rhône était idéale, la terre argilo-calcaire et caillouteuse, ancienne terre à vignoble, était dure à travailler mais convenait aux rosiers. | Pendant une dizaine d’années, la construction de petits murs et d’escaliers, la création de pelouses pour relier les différents niveaux et limiter l’érosion occupèrent toute mon énergie. En 1975, un voyage en Ecosse me fit découvrir une autre conception du jardin : la douceur des tons pastels, des gris, des blancs, et surtout les roses aux vieux noms français. |  Pergola du Verger
| Ce fut le début des haies plantées pour couper les vents du Nord et du Sud qui s’engouffrent dans la vallée du Rhône et dessèchent tout. Lentement, arrivèrent d’Angleterre, d’une vieille pépinière angevine, aujourd’hui disparue, les premières roses anciennes. Les arceaux commandés chez un ferronnier voisin s’installèrent, les grands portiques marquèrent l’entrée des différents jardins. | En 1987, le jardin s’ouvrait pour la première fois au public et en 1989 devenait, dans le cadre de la loi 1901 « l’Association des Roses Anciennes de la Bonne Maison » pour la sauvegarde et la recherche des roses d’autrefois. Plus de 800 variétés de roses répertoriées, étiquetées fleurissent, du début avril pour les premiers botaniques, jusqu’aux gelées. |  Wisteria sinensis en pot |
Des recherches dans les archives et la bibliothèque du Jardin Botanique de la Tête d’Or à Lyon, une correspondance intense avec les collectionneurs, et les botanistes, en Angleterre, Allemagne, aux USA, en Australie, Nelle Zélande, Afrique du Sud, Inde et Japon, des échanges de greffons et de diapositives ont amené le jardin de La Bonne Maison à un niveau intéressant pour les amateurs et les professionnels. |  Après la Pluie | En 2006, le jardin a fêté ses quarante ans, et a obtenu deux étoiles pour sa collection de roses dans le Guide Vert Michelin Lyon Drôme Ardèche. | | Les cinq pergolas évoluent encore; chaque hiver, le vieillissement des rosiers en place, quelques erreurs, la découverte de nouvelles variétés anciennes ou botaniques, remarquables par leur port et leur feuillage font déménager ou remplacer des variétés. |
 Allée des Pivoines
Odile Masquelier |